Les jeudis du Cnam
Éliminer le carbone pour agir sur le climat ? Avec le CNRS et l'agence Climat, biodiversité et sociétés durables.

En 2026/2027, dans le cadre des jeudis du Cnam, Le Cnam invite le CNRS et son agence "Climat, biodiversité et sociétés durables" pour trois conférences.

PROGRAMME : 

4 février 2027, 18h30 - Intervenir sur climat : rupture ou continuité ?
Face à l'urgence climatique, les approches d'élimination du carbone atmosphérique suscitent un intérêt croissant. Présentées comme complément nécessaire pour atteindre la neutralité carbone, elles interrogent cependant notre capacité à intervenir durablement sur le système climatique.

Avec : 
Marine de Guglielmo Weber, chercheuse au sein du domaine Armement et Economie de Défense de l'Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM). Ses travaux, à l'intersection entre les Science and Technology Studies et les Sciences de l'information et de la communication, portent sur les pratiques de modification de la météo et du climat.
Marc Moroni, sous-directeur de la recherche au Commissariat général du développement durable (CGDD). Il est également le point focal national et chef de la délégation française au GIEC, ainsi que président du comité national de la Commission océanographique intergouvernementale (COI).

22 avril 2027, 18h30 - L'élimination du carbone atmosphérique : des solutions réalistes ?
Les approches d'élimination du carbone atmosphérique (CDR) occupent une place croissante dans les scénarios climatiques internationaux. Pourtant, leurs potentiels réels, leurs conditions de déploiement et leurs conséquences font encore l'objet de nombreuses incertitudes voire de questionnement sur l’effet de dissuasion d’efforts de réduction des émissions de CO2.
Leur mise en œuvre soulève également la question de passage à l’échelle : des solutions expérimentées localement peuvent-elles être déployées à grandes échelles pour avoir une action soutenable et efficace sur le climat ? Enfin, les approches de CDR, nous place face au défi de la complexité car elles s'inscrivent dans des systèmes interconnectés où interagissent climat, biodiversité, ressources naturelles, usages des sols, économie et société.

Avec : 
Mathilde Fajardy, directrice scientifique à l'Association française pour les émissions négatives (AFEN). Après plus de quatre années à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Mathilde Fadjary a rejoint l’AFEN en 2026 (Association française pour les émissions négatives), en tant que directrice scientifique. Elle travaille notamment sur le rôle et les impacts potentiels des approches d’élimination du dioxyde de carbone.
Youna Lyons, chercheuse au Centre de droit international (CIL). Experte en politique marine. Ses travaux portent sur la gouvernance des océans, à l’interface entre science, droit et politique, notamment sur la géo-ingénierie marine et le captage et stockage du carbone.
Fabrice Pernet, directeur de recherche à l'IFREMER à Brest. Il s’intéresse aux effets du réchauffement et de l’acidification des océans, et des potentielles approaches pour y remédier, telles que la culture des macroalgues et l’alcalinisation des océans qui sont des techniques d’élimination du CO2.

10 juin 2027, 18h30 - L'élimination du carbone atmosphérique : pour quelle Terre ? Pour quels territoires ?
L'élimination du carbone atmosphérique (CDR) ne se limite pas à un enjeu scientifique ou technologique. Son développement interroge les choix de société qu'il implique, les modalités de gouvernance qu'il nécessite et les transformations qu'il pourrait induire dans les territoires. Qu'il s'agisse de reforestation, de méthode de captage de CO2 en milieu marin (mCDR), de bioénergie avec captage et stockage du carbone (BECCS) ou de captage direct dans l'air (DAC), chaque approche mobilise des ressources, des espaces terrestres et marins, des infrastructures et des acteurs. Leur déploiement soulève des questions de gouvernance, d'équité, de partage des bénéfices et des risques, de participation des citoyens et d'articulation entre décisions locales et enjeux globaux. À travers ces questions, c'est plus largement notre manière d'habiter la Terre, de gérer les biens communs et de concilier les impératifs climatiques avec les réalités sociales, économiques et territoriales qui est interrogée.

Avec : 
Marie Hrabanski (Chercheuse, CIRAD)