Émile Trélat

Made in Cnam
Professeur de constructions civiles (1854-1894)
Henri Tresca au Cnam vu par C215
 
Lorsque l’on a un géniteur ministre des Travaux publics sous la Deuxième République, autant oublier ses rêve de devenir officier de marine, et se résoudre à suivre le conseil paternel d’intégrer l’École centrale des arts et manufactures. C’est ce que fit Émile Trélat, qui en sortit ingénieur puis se lança, avec plus ou moins de succès, dans une carrière d’architecte. Alors qu’il reste dans l’ombre de ses maîtres, Viollet-le-Duc et Ludovico Visconti, il n’inscrit à son actif aucune réalisation grandiose. La révélation viendra avec sa nomination au poste de professeur de constructions civiles au Conservatoire en 1854.   Ses cours sont à l’opposé de ceux délivrés à l’époque par la très influente et conservatrice École des Beaux-arts. L’architecte est toujours un artiste, qui « adopte une pensée et l’exprime spécialement dans une forme sensible », l’ordonnateur du conflit entre la lumière et la matière. Mais, ce lyrisme ne s’oppose plus à une approche très rationnelle : « l’architecture est l’art de composer et d’exécuter les édifices propres à la satisfaction des besoins physiques et moraux de l’homme ».
Sont donc enseignées sciences des matériaux, économie de la construction, et de manière très novatrice, une toute nouvelle discipline : la science de l’hygiène.
  Sa double compétence lui permet aussi d’analyser, de manière originale pour l’époque, la problématique des rapports entre ingénieurs et architectes
Il distingue ainsi «la science des moyens de la construction, réglée, finie et définie, de l’art de la construction, libre, illimité et indéfini». Architecte sans chef-d’œuvre laissé à la postérité, il aura patiemment bâti un enseignement nouveau de l’architecture.

VH