Itinéraires

Ksenia Borisova

8 septembre 2014
19 octobre 2014

Une exposition des photographies de Grégoire Korganow sur les grilles de la rue Saint-Martin
Xenia Borisova, photographie de Grégoire Korganow

Mon parcours avant le Cnam


J'ai un parcours qui est très classique et à la fois assez atypique. Classique surtout pour la Russie d'où je viens, parce que depuis ce qu'on pourrait appeler «le deuxième cycle universitaire», je fais toujours des études en sciences sociales et plus particulièrement en sociologie. À l'issue de cinq ans d'études à l'Université d'État des sciences humaines de Russie, j'ai obtenu un diplôme de sociologue. Puis je suis entrée au Collège universitaire français (CUF) de Moscou où j'ai approfondi mes connaissances sur l'école française de sociologie et me suis familiarisée avec ses questionnements et ses modes de raisonnement et d'analyse. Le CUF a été une étape très importante dans ma trajectoire parce que c'est là que j'ai obtenu un diplôme et une bourse me permettant de partir en France pour faire mon master 2 GRH et Sociologie au Cnam.
Si je dis que mon parcours est aussi atypique, c'est qu'il est atypique pour le Cnam où la plupart des gens que j'ai rencontrés viennent de disciplines et de domaines professionnels autres que la sociologie et la gestion. Lors des tours de table pendant mes études en master 2 au Cnam, j'étais presque toujours seule à présenter un tel parcours «strictement» sociologique.


Pourquoi le Cnam ?


Le choix du Cnam est essentiellement l'histoire de ma rencontre avec mon directeur de thèse. À l'époque du CUF de Moscou, mon projet de recherche sur l'action collective dans une usine russe a été proposé à Michel Lallement qui a gentiment accepté de diriger à distance ce travail. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance, alors encore virtuelle, de Michel Lallement et découvert le Cnam. Au moment du dépôt des dossiers pour les bourses, Monsieur Lallement, qui est professeur titulaire au Cnam mais aussi responsable du master 2 GRH et Sociologie, m'a suggéré ce programme, et c'est ainsi que le Cnam est entré dans ma vie.


Ce que m'apporte le Cnam


Aujourd'hui, le Cnam pour moi est tout d'abord une incroyable communauté de personnes avec qui je travaille au sein du Lise, laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique. Doctorants, jeunes chercheurs et chercheurs reconnus, ils sont tous des sociologues de très haut niveau qui ont des questions et des raisonnements très originaux. Mais ce que je voudrais souligner, c'est plutôt leurs qualités humaines. Ils sont très aimables et toujours disponibles pour un échange, un conseil, une relecture de mon travail. Avec certains, on peut même tomber dans une large discussion sur les grands enjeux de la sociologie d'aujourd'hui, ce qui est très important pour ne pas s'enfermer dans son petit sujet de recherche.


Mes projets


Je n'aime pas trop parler de mes projets. Quand on est étranger et quand votre destin dépend fortement des décisions bureaucratiques, qui ne sont pas toujours compréhensibles et prédictibles, il est compliqué, et parfois même frustrant, d'avoir des projets clairs. Tout ce que je peux dire, c'est que j'adore la recherche et je voudrais beaucoup, d'une manière ou d'une autre, continuer à en faire. Mon travail de thèse porte sur les régulations sociales dans les petites entreprises, sous la direction de Michel Lallement.