Trosième période

Confinez-vous tout en restant connecté au monde ! (3)

On reste chez soi avec le Cnam
Au Conservatoire, haut lieu de création de savoirs, la situation actuelle renforce notre idée que la communication, particulièrement publique, dispose d’une véritable responsabilité sociale et doit jouer un rôle éminemment citoyen. Celui de vous informer, celui de créer du lien et du sens, mais aussi celui de vous accompagner au quotidien en vous proposant des contenus éditoriaux originaux propres à irriguer le débat public, à décrypter l’actualité, à lutter contre le désordre informationnel….

Mardi 31 mars - La minute stratégie

MINUTE STRATEGIEL’Equipe nationale Stratégies du Cnam est composée d’enseignants chercheurs et d’intervenants issus des mondes académiques et professionnels. L’expertise qu’ils apportent au Cnam est donc à la fois scientifique et en lien avec le monde de l’entreprise.

Dans La Minute stratégie, cette équipe décrypte pour vous des sujets de société, à la lumière de l’analyse stratégique.

Comprendre pourquoi une grande marque rate un virage, apprendre les mécanismes cachés de la pénurie, analyser les ficelles des grands groupes, savoir dire pourquoi c’est réussi, savoir dire pourquoi c’est raté, voilà ce que propose ce format court et décontracté, qui va droit au but.

Alexandra Carl

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Lundi 30 mars - Les grands innovateurs du Conservatoire

Les grands innovateurs du Conservatoire

 Le Conservatoire national des arts CONTEet métiers (Cnam) a été créé par la Convention nationale en 1794 (décret du 19 vendémiaire an III), sur proposition de l’abbé Henri Grégoire, pour « perfectionner l’industrie nationale ».

Enfant des Lumières et des Encyclopédistes, l’établissement était pensé comme un dépôt « de machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres dans tous les genres d’arts et métiers ». Il devait ainsi concourir à la diffusion de l’innovation technologique et des savoirs scientifiques ainsi qu’à la promotion de l’esprit de création. Depuis sa fondation, le Conservatoire a ainsi toujours été pensé comme un lieu propre à l’innovation. Il n'y a donc rien d’étonnant à ce que ses personnels et ses professeurs ne se soient pas contentés de présenter les objets ou d’enseigner leur discipline mais qu’ils aient aussi été à l’origine de nombreuses découvertes dans leur domaine d’expertise et même, pour certains, d’inventions qui ont littéralement révolutionné notre vie quotidienne.

Ce furent d’abord les administrateurs et démonstrateurs qui donnèrent vie à cet esprit d’innovation. Nicolas-Jacques Conté, bien entendu, dont l’invention la plus connue, la mine de plomb, hante aujourd’hui encore les trousses de tous les écoliers comme les ateliers des auteurs de bande dessinée. Mais aussi Claude-Pierre Molard qui rejoint le Conservatoire en 1796 avant d’en assurer la direction. Apôtre de la diffusion du progrès technique par la description et le croquis, animateur insatiable de l’école gratuite de dessin et de géométrie descriptive, on lui doit de nombreuses avancées techniques notamment dans le domaine du tissage et de la filature, comme un moulin à tirer la soie ou un métier à tresse ronde, mais aussi une machine à fabriquer les dents métalliques des tisserands ou des pétrins tournants propres à former la pâte sans la préparation des levains ordinaires... Plus étonnant, il fut aussi à l’origine d’un procédé qui évita rien de moins que l’effondrement du bâtiment principal de la rue Saint-Martin, fragilisé suite à son réaménagement intérieur. Une méthode ingénieuse, basée sur la dilatation de tirants métalliques, pour laquelle il inventa d’ailleurs une « machine à percer promptement et sans ébranlement des trous à travers les murs les plus épais ».

Puis ce furent les premiers professeurs lorsque l’ordonnance royale du 25 novembre 1819 offrit au Conservatoire la forme d’une « haute école d’application des connaissances scientifiques au commerce et à l’industrie » et y établira « un enseignement public et gratuit pour l’application des sciences aux arts industriels ». Si l’on ne retient que les titulaires des trois premières chaires, Charles Dupin pour la mécanique appliquée aux arts, Jean-Baptiste Say pour l’économie industrielle, et Nicolas Clément-Desormes pour la chimie appliquée aux arts, ceux-ci seront à l’origine, pêle-mêle et sans exhaustivité, d’une théorie de la courbure des surfaces, de la loi des débouchés, de la définition de la calorie, d’expériences sur la résistance des mats de bateaux, de l’invention du terme « entrepreneur » ou d’une théorie sur la fabrication de l’acide sulfurique !

Vinrent ensuite Claude Servais Pouillet et sa boussole des tangentes, Edmond Becquerel et son phosphoroscope, Aimé Laussedat et son théodolite photographique, Jules Amar et sa prothèse universelle pour les mutilés de la Première Guerre mondiale... Comme un hommage à tous ses membres qui ont marqué la science et la technique depuis le XVIIIe siècle, le Conservatoire proposait au pochoiriste Christian Guémy, plus connu sous le nom de C215, de réaliser le portrait de neuf d’entre eux, incarnant l’innovation sous toutes ses facettes, et de les disséminer dans le site Saint-Martin.

Ariane Batou-To Van & Yvan Boude

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Dimanche 29 mars - Silence on tourne...

Silence on tourne...

film cnamAu cœur du 3e arrondissement de Paris, à deux pas de la mairie, de la place de la République et du Marais, les bâtiments du Conservatoire occupent tout un quartier, qui porte d’ailleurs le nom d’Arts et Métiers et dispose même d’une station de métro éponyme. Un emplacement unique doublé d’une grande richesse patrimoniale. En effet l’établissement recèle de joyaux patrimoniaux comme le réfectoire des moines du Prieuré de Saint-Martin-des-Champs, construit en 1060 et qui abrite l’actuelle bibliothèque, la galerie d’honneur de la rue Conté, la salle des textiles, de nombreux amphithéâtres ou encore son musée qui présente notamment le pendule de Foucault et l’avion de Blériot suspendu dans une église (vestige de l’ancien prieuré royal). Peut-être avez-vous visité ce dernier ou avez-vous assisté à un des nombreux événements organisés au Cnam dans ces lieux emblématiques ? Mais même si vous ne suivez pas encore de formation, et que vous ne faites pas de la recherche scientifique… vous êtes certainement venu au Cnam sans le savoir.

Ainsi en regardant l’Inspecteur la Bavure, vous avez suivi dans ses déboires, le maladroit Michel Clément interprété par Coluche qui se retrouve brutalement interrogé dans le salon d’honneur transformé en commissariat. Plus insolite dans La mémoire dans la peau, épisode parisien des aventures de Jason Bourne, le cinéaste Doug Liman change l’entrée du Conservatoire en… morgue ! Autre film d’action cette fois-ci français, le Serpent où Yvan Attal et Clovis Cornillac s’affrontent sur quelques plans au Conservatoire. Le Cnam a aussi servi de décor à l’un des derniers films autobiographiques d’Henri Verneuil Mayrig en 1991. Plus récemment des scènes de la série Résistance diffusée sur TF1 ont été filmées dans la salle

des conseils. De même en juin 2018, le Cnam a vécu pendant une semaine dans les décors du téléfilm de France 2 : Mystère à la Sorbonne, une enquête policière avec Mélanie Bernier et Pascal Elbé qui se déroule en 1884 et dont de nombreux plans ont été filmés dans les cours Montgolfier et Clément-Desormes ainsi que sous les arcades. Très régulièrement au Cnam, les personnels et les élèves peuvent entendre…

Silence on tourne, 3-2-1, moteur !

Laurence Benoit et Sophie Grallet

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Samedi 28 mars - Arnaud Fontanet - qu'est-ce qu'un épidémiologiste ?

J’ai moins de Fontanetsignes à ma disposition qu’il n’en faut pour énumérer les titres du professeur Fontanet. Médecin, diplômé de Harvard, il est aussi, pour ce qui nous intéresse, fondateur de l’école de Santé publique qui réunit l’Institut Pasteur et le Cnam. Il est celui qui appelle les virus par leurs petits noms, tout en chuchotant à l’oreille de nos dirigeants par temps de pandémie: il représente l’épidémiologie au comité scientifique français et il est le seul Français au comité Covid19 qui conseille la Commission européenne.

A 59 ans, il juge son métier parfois ingrat: «jamais une personne bien portante ne vous remerciera de lui avoir évité la maladie». Or ce métier -malheureusement- semble porteur si l’on considère qu’une crise grave surgit maintenant tous les 5 ans (Ebola 2014, H1N1 2009, SRAS 2002). Les plus dangereuses sont celles qui se glissent à bas bruit dans nos organismes: l’hépatite C (dont il est un spécialiste mondial) peut mettre 30 ans à se manifester ou le SIDA, mais notre nouveau virus est aussi un criminel redoutable, armé de ses quelques jours de latence qui font toute la différence. A bas bruit convient bien pour décrire cet homme de science (rigoureux) et de terrain (hyper-réactif). Avant tout, ses collègues parleront à son sujet de sa gentillesse.

Il a ses héros: il cite John Snow qui a sauvé Londres du choléra au XIXe et il admire surtout  Louis Pasteur (dont il est très proche, au moins physiquement, quand il est dans son bureau de l’Institut, à proximité du tombeau du fondateur) qui disait: «la chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés».
Souhaitons-lui bonne chance!

Arnaud
Malgorn

Conférence inaugurale au Collège de France (2019)

Faut-il craindre les épidémies ? (2017)

NB: Son mooc Concepts et méthodes en Epidémiologie démarre le 6 avril

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  >> Du 24 au 27 mars