Deuxième période

Confinez-vous tout en restant connecté au monde ! (2)

On reste chez soi avec le Cnam
Au Conservatoire, haut lieu de création de savoirs, la situation actuelle renforce notre idée que la communication, particulièrement publique, dispose d’une véritable responsabilité sociale et doit jouer un rôle éminemment citoyen. Celui de vous informer, celui de créer du lien et du sens, mais aussi celui de vous accompagner au quotidien en vous proposant des contenus éditoriaux originaux propres à irriguer le débat public, à décrypter l’actualité, à lutter contre le désordre informationnel….

Vendredi 27 mars - Machine à temps

machine à tempsMachine à Temps

« L’explorateur du Temps (car c’est ainsi que pour plus de commodité nous l’appellerons) nous exposait un mystérieux problème ». C’est par cette phrase que H. G. Wells débutait son premier roman. Quelques chapitres plus loin, celui qui fut apprenti chez un marchand de tissus avant d’étudier la biologie à la Normal School of Science de Londres, prêtait ces mots à son inventeur :

« J’ai déjà exposé, jeudi dernier, à quelques-uns d’entre vous, les principes de ma machine pour voyager dans le Temps, et je vous l’ai montrée telle qu’elle était, mais inachevée et sur le métier. Elle y est encore maintenant, quelque peu fatiguée par le voyage, à vrai dire ; l’une des barres d’ivoire est fendue, et une traverse de cuivre est faussée ; mais le reste est encore assez solide. Je pensais l’avoir terminée le vendredi ; mais vendredi, quand le montage fut presque fini, je m’aperçus qu’un des barreaux de nickel était trop court de deux centimètres et demi exactement, et je dus le refaire, de sorte que la machine ne fut entièrement achevée que ce matin. »

La Machine à explorer le Temps marquera un tournant dans la littérature d’anticipation, que l’on ne nommait pas encore science-fiction en cette fin de XIXe siècle. Très vite, la thématique du voyage dans le temps, comme celle des innombrables machines tantôt loufoques tantôt scientifiquement probantes, qui permettront au héros de réaliser des sauts dans la chronologie humaine, deviennent des éléments classiques sinon incontournables d’une multitude de romans, puis de films ou de séries.

Très tôt aussi, les auteurs de bandes dessinées s’emparèrent de cette thématique propice aux aventures : d’Alain Saint-Ogan avec Zig et Puce en l'an 2000 aux Brigades du temps de Kris et Duhamel en passant bien entendu par Edgar P. Jacobs. Dans Le Piège diabolique, album publié en 1962, le créateur de Blake et Mortimer invite ainsi le lecteur à partager les aventures temporelles de Philipp Mortimer envoyé successivement, à bord d’un chronoscaphe détraqué par le professeur Miloch Georgevitch, au temps des dinosaures, durant la Guerre de Cent ans puis dans un dangereux futur. Un album pour lequel E. P. Jacobs ne cacha jamais que sa source d’inspiration fut le roman d’H. G. Wells, et pour lequel il se passionna pour les principes de la relativité découverts par Albert Einstein !

Ce thème continue aujourd’hui à intriguer et, confinement aidant, nous sommes peut-être nombreux à vouloir construire notre propre machine à voyager dans le temps tout en restant chez soi. Mais, quelle est la différence entre une machine à rebrousse-temps et une machine à voyager dans le temps ? Entre une machine organique et une machine artificielle ?

Heureusement, à l’occasion de l’exposition Scientifiction, Blake et Mortimer au musée des Arts et Métiers et en partenariat avec le festival de science-fiction nantais des Utopiales, Xavier Mauméjean, écrivain, philosophe, historien des religions et membre du collège de Pataphysique, nous livrait tous les secrets des machines à voyager dans le temps, que l’on croise dans la littérature ou dans la bande dessinée.

Ariane Batou-To Van & Yvan Boude

machine à temps

Jeudi 26 mars - Quel titre pour la prochaine expo au Musée des Arts et Métiers ?

parvis cnam

Quel titre pour la prochaine expo au Musée des Arts et Métiers ?

Même confinées, les équipes du musée continuent à travailler sur la prochaine exposition temporaire prévue à l'automne. On ne vous en dit pas plus, juste un titre. Qu'est ce qu'il évoque pour vous ?

Au fil des jours, d’autres propositions seront publiées.

À vous de jouer ! jouer

Un grand merci pour votre participation !

Mercredi 25 mars - Se nourrir demain, méditation de Benoît Peeters sur l'alimentation du futur

mediterMéditer, Benoit Peeters – se nourrir demain

"Vu le nombre réduit des denrées dont on dispose, l’art culinaire fait preuve d’une extraordinaire volonté de renouvellement, qui ne va pas sans créer quelques surprises. La qualité d’un cuisinier se mesure à la variété des mets qu’il peut préparer à partir d’un même aliment. Ainsi le pigeon est-il servi : cru, placé bouilli, vapeur, rôti, frit, braisé, grillé, séché, fumé, pilé, râpé, moulu et liquéfié», écrivaient François Schuiten et Benoît Peeters dans leur Guide des citées à l’attention des routards qui débarqueraient à Calvani, Brüsel ou Phary. Avant de prévenir celles et ceux que l’économe, le cul-de-poule ou « la marie-louise » démangent que «les tentatives d’adaptation de recettes de notre monde – à partir de deux livres de cuisine apportés par un voyageur – n’ont, c’est le moins que l’on puisse dire, pas été couronnées de succès».

Imaginer la cuisine du futur, ou celle d’un monde parallèle, et interroger les enjeux de l’alimentation de demain n’est pas qu’une question culinaire. Bien au contraire, puisque chaque civilisation, chaque pays, chaque famille même, se sont constitués leur propre livre de recette avec une capacité d’adaptation et d’inventivité qu’on ne retrouve dans quasiment presque aucune autre activité humaine.

Non, les véritables enjeux sont d’abord démographiques: comment nourrir décemment la dizaine de milliards d’humains prévue en 2050 ? Écologiques: comment évoluer vers une agriculture respectueuse de la planète? Éthiques : continuerons-nous à manger des animaux élevés ou pêchés dans des conditions révoltantes? Sanitaires: après la vache folle et la grippe aviaire, échapperons-nous à de nouvelles épizooties ? Politiques : pourra-t-on éviter l’hégémonie des grands groupes agro-industriels? Sociaux: parviendrons-nous encore à prendre nos repas en commun ou les particularismes alimentaires finiront-ils par l’emporter ?

Comme un écho à la bande dessinée numérique Manger vers le futur !, proposée en 2018 par la chaire d'enseignement et de recherche Aliments, nutrition et comportement alimentaire d'AgroParisTech, Benoît Peters, écrivain, scénariste de la mythique série des Cités obscures et professeur associé au Cnam, nous offre des pistes de réflexion pour méditer sur ses enjeux de l’alimentation de demain et d’après-demain.

Ariane Batou-To Van & Yvan Boude

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Mardi 24 mars - Nutrition et confinement

NUTRITIONVoir l’assiette à moitié pleine avec l’équipe de l’EREN !

Et si l’on apprenait à voir l’assiette à moitié pleine ? C’est l’appel lancé par Serge Hercberg, ses confrère.soeur.s de l’EREN et autres enseignant.e.s-chercheur.euse.s et praticien.ne.s hospitaliers en nutrition dans une contribution collective sur les bonnes pratiques à adopter en terme d’alimentation et d’activité physique en cette période atypique de confinement.

Quand bien même le confinement nous replierait sur nous-mêmes, cette période pourrait justement être l’occasion de faire le point sur nos pratiques et mettre en place de bonnes habitudes sur le plus long terme, à plus forte raison dans un contexte où notre corps réclame une attention particulière.

S’il semble encourager une certaine sédentarité et une attirance encore plus forte que d’habitude pour le grignotage, le confinement peut au contraire être une occasion d’écouter notre corps et d’en prendre soin. Afin d’éviter les risques liés à la sédentarité, l’équipe du Professeur Hercberg en appelle à ne pas relâcher notre activité physique et à multiplier les petits gestes qui peuvent permettre de ne pas rester en position assise ou allongée au-delà de deux heures. Pour cela, le site manger-bouger.fr regorge de petits exercices adaptés à tou.te.s et même un outil de planification de nos activités physiques, sans oublier les ressources en cours de construction du dispositif Maisons Sport-Santé.

Outre l’activité physique, les co-auteur.autrice.s en appellent également à adapter nos comportements alimentaires. Outre les recommandations du PNNS, il importe aussi d’adapter les quantités consommées à un rythme de vie moins intense et donc moins gourmand en ressources. Le mot d’ordre reste le même que pour les activités physiques : écouter les signaux que nous envoie notre corps, et en l’occurrence à la sensation de satiété, en étant d’autant plus vigilant.e.s à la taille de nos portions, voire en diminuant la taille de nos assiettes… sans oublier pour autant de nous accorder de petits plaisirs !

A vos fourchettes… prêts ? Bougez !

Laetitia Casas

BOUTON-lire

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>> Du 19 au 23 mars