À (ré-)écouter / Conférence internationale

Innovation sociale, économie sociale et solidaire, entrepreunariat solidaire. De la perspective internationale aux actions locales

14 janvier 2015
15 janvier 2015

  • Paris Saint-Martin/Conté
Organisée par l’Institut francilien Recherche innovation société (Ifris), le Mouvement associatif, le Labo de l’ESS, Bien commun, l’Institut Karl Polanyi France, le laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique (Lise Cnam/CNRS) et le Cnam.
14 janvier matin


14 janvier après-midi


14 janvier après-midi


14 janvier après-midi


15 janvier  


La thématique de l’innovation sociale s’est imposée dans les dernières décennies et les références à celle-ci augmentent régulièrement dans la littérature scientifique internationale.
L’intérêt grandissant pour l’innovation sociale est également décelable à travers l’apparition de nouvelles institutions dédiées à ce thème.
Pour sa part, le Cnam assure la coordination de l’axe innovation sociale au sein du laboratoire d’excellence Sites de l’Ifris.

À cela s’ajoute un déferlement d’initiatives en matière de politiques publiques. Aux États-Unis en 2009, Obama crée un bureau de l’innovation sociale et de la participation civique. En Europe, la même année, est dédiée à la créativité et l’innovation ; en 2010 l’initiative « une Union pour l’innovation » est promulguée par la Commission ; en 2011 « Social Innovation Europe » est lancée.
L’Union européenne inscrit l’innovation sociale dans sa programmation stratégique à l’horizon 2020 ; les fonds structurels l’intègrent comme les programmes de formation gérés par la Direction de l’emploi et des affaires sociales. La notion est mobilisée dans le renouvellement des politiques sociales en France et des collectivités publiques lancent des actions en la matière.

Toutefois, derrière le consensus en faveur de l’innovation sociale, il existe deux conceptions différentes : l’une plus entrepreneuriale, l’autre plus citoyenne.

La première conception est désormais bien connue parce qu’elle a été présentée dans de multiples contributions émanant de l’Union européenne. Elle contribue à dessiner un nouveau système, articulé avec la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Un discours sociétal humaniste et un effort pour le regain de compétitivité se conjuguent, les deux étant reliés par la place accordée à l'innovation sociale. De nombreuses recherches ont mis en évidence que cette acception ne correspond qu’à une partie des pratiques en matière d’innovation sociale.

La seconde conception reste insuffisamment identifiée et son importance grandissante en Europe incite à en saisir mieux les réalités. L'État social a permis une conception de la solidarité axée sur les droits individuels et la redistribution ; restant indispensable, elle ne suffit plus si elle n’est pas élargie à la promotion de biens communs et de relations sociales basées sur le respect des principes de liberté et d'égalité. Cette fertilisation croisée de l'action des pouvoirs publics et de l’engagement public au sein de la société civile est alors considérée comme un levier pour l’approfondissement de la démocratie.
L’innovation sociale contribue à la défense de la diversité économique et facilite la mise en évidence d’entrepreneuriats publics et sociaux prenant sens dans le cadre d’une économie sociale et solidaire. Les entreprises sociales peuvent ainsi être appréhendées à travers des indicateurs relevant des dimensions économique, sociale et politique.

L’objet de cette conférence est donc de débattre en priorité sur les différentes figures de cette conception citoyenne de l’innovation sociale encore trop méconnue, pour aborder ensuite ses incidences sur les politiques publiques depus le niveau local jusqu’au niveau européen.
Elle bénéficiera d’un large éclairage international à travers les interventions de spécialistes de l’innovation sociale de différents continents :

Rogerio Amaro, Université de Lisbonne, Portugal
Jordi Estivill, Université de Barcelone, Espagne
Jean-Marc Fontan, Université de Québec à Montréal, Canada
Genauto Carvalho de França Filho, Université Fédérale de Bahia, Brésil
Luiz Ignacio Gaiger, Université Vale dos Sinos, Brésil
Silvana Lima Guimaraes, Université Fédérale de Bahia, Brésil
Pedro Hespahna, Université de Coimbra, Portugal
Yoshihiro Nakano, International Christian University, Tokyo, Japon
Matthieu de Nanteuil, Centre de recherches interdisciplinaire Démocratie, Institutions, Subjectivité, Louvain, Belgique
Antonino Perna, Université de Messina, Italie
Youssef Sadik, Université de Rabat, Maroc
Mahila Safri, Drew University, New-York, États-Unis