À (ré-)écouter / Colloque international

La Suisse est-elle un modèle ?

5 mai 2017
10h - 18h

  • Paris Saint-Martin/Conté
Quelles contraintes pèsent sur une éventuelle « exportation » de pratiques dans d’autres sociétés ? Où en est-on de l’usage des « modèles » nationaux en sciences sociales ?

La Suisse est-elle un modèle ? En reprenant à notre compte le titre de l’ouvrage de François Garçon (Le modèle suisse, Tempus Perrin, 2011) on peut effectivement être contemplatif des performances de la Confédération Helvétique.

Sur le plan politique, la Suisse paraît être l’État au monde où la démocratie est la plus développée, avec non seulement une pratique bien rodée des élections visant à mettre en place à des postes de responsabilité des représentants élus, mais aussi une démocratie référendaire dynamique (de nombreuses votations ont lieu chaque année, au niveau local, cantonal ou national) ainsi que des vestiges de démocratie directe dans quelques cantons où le peuple se réunit pour décider. Avec un fédéralisme extrêmement prégnant, les pouvoirs politiques, à l’instar de l’État central, paraissent limités et systématiquement sous contrôle.
Au niveau économique, la Suisse connaît un faible taux de chômage, un niveau de richesse élevé, maintient une finance et une monnaie fortes, une industrie compétitive - en dépit de salaires importants - et diversifiée, qui survit notamment grâce à une capacité d’innovation largement reconnue à travers le monde.
En ce qui concerne l’éducation, la Suisse, qui suit plutôt l’esprit de la pratique allemande en soutenant fortement la pratique de l’apprentissage, possède parmi les meilleures écoles de la planète, tant dans le secondaire que dans le supérieur. Les établissements, qui disposent de moyens humains et logistiques importants, figurent ainsi régulièrement à la tête des classements internationaux et attirent des élèves, des étudiants, des enseignants et des chercheurs du monde entier.
Et même sur le plan sécuritaire, la Suisse, dont le système politique interne a notamment pour vocation de tempérer les tensions entre les différentes communautés culturelles, religieuses et linguistiques, fait figure de sanctuaire. Antre de la neutralité, ce pays très militarisé, où le service national paraît constituer un ciment social, est jusqu’à présent quasiment épargné par le terrorisme, dont les attaques récentes les plus retentissantes sont pour partie justifiées (par leurs auteurs) au regard des interventions militaires des puissances occidentales.

Alors, la Suisse est-elle un modèle ? Si la question peut légitimement se poser, la réponse ne saurait bien sûr n’être qu’une ode au système helvétique.

Deux types d’approches critiques peuvent notamment être explorées :
- un regard plus réservé sur la réalité sociale suisse, en détaillant les limites et les dysfonctionnements de cet édifice ; certains problèmes spécifiques à la Suisse peuvent en particulier être envisagés, comme les propensions à la dénonciation ou la faible concurrence au sein de la grande distribution ;
- un questionnement sur la notion de modèle : en quoi la Suisse constituerait-elle un modèle transposable ? Quelles contraintes pèsent sur une éventuelle « exportation » de ces pratiques dans d’autres sociétés ? Où en est-on de l’usage des « modèles » nationaux en sciences sociales ?

  • 10h - Ouverture : Gilles Garel, professeur du Cnam, directeur du département Innovation du Cnam, co-auteur avec Elmar Mock, (Swatch) de La fabrique de l’innovation (Dunod)
  • 10h15-12h / Le modèle démocratique suisse en questions
    Démocratie et transparence : le modèle suisse, avec Hamid Bachir, doctorant Cnam Lirsa
    Eloge de la démocratie directe, avec François Garçon, professeur à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne
    Les campagnes électorales fédérales à l’âge d’or de la « concordance ». Quelle compétition électorale derrière le « modèle suisse » ? avec Zoé Kergomard, Université de Fribourg
    Le modèle du citoyen-soldat en Suisse, avec André Sallé, Cnam, équipe pédagogique Stratégies


  • 13h30-15h15 / Les dynamiques à l’œuvre : un modèle transposable ?
    modérateur : Damien Dandelot, Deloitte Zürich, docteur en sciences de gestion, Cnam Lirsa
    Fiscalité, croissance et démocratie directe. Les expériences suisses et américaines, avec Yvan Blot, économiste
    L'économie suisse: au-delà des clichés, avec Ulrich Lehner, ambassadeur, représentant permanent, délégation suisse près l'OCDE
    La Suisse : attracteur des organisations internationales, avec Claude Legrand, maître de conférences à l’Université de Poitiers
    Le modèle de l’apprentissage dual en Suisse : Fonctionnement et modalités de transfert au Burkina Faso, avec Yeda Christophe Banaon, doctorant Cnam Lirsa
     
  • 15h30-17h / De la bonne gouvernance
    L’innovation par la réglementation : le cas du traitement des micro-polluants en Suisse, avec Anne Feraudet, Watchfrog, et Fabien Imbault, doctorant Cnam Lirsa
    Les politiques publiques suisses en matière de drogues, avec Farid Ghehioueche, chargé du plaidoyer au sein de la Fondation Approches Alternatives en matière d'Addictions Think&do Tank (FAAAT)
    La régulation des pratiques organisationnelles de fraude au sein de l’industrie pharmaceutique : une analyse comparative entre les modèles français et suisse, avec Rufin Nzalakanda, doctorant Cnam Lirsa
    La problématique de la déviance en Suisse, avec Sonny Perseil, chercheur HDR LIRSA/Cnam

    Synthèse : Yvon Pesqueux, professeur titulaire de la Chaire "Développement des Systèmes d’Organisation" du Cnam

  • Entrée libre
  • Organisé par le Laboratoire interdisciplinaire de recherches en sciences de l’action (Lirsa) du Cnam.

Comité scientifique :
Damien Dandelot, Deloitte Zürich, Michel Ferrary, Université de Genève, François Garçon, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Laura Mellini, Université de Fribourg, Sonny Perseil, Cnam, Yvon Pesqueux, Cnam, Alexandre Pollien, Université de Lausanne, André Sallé, Cnam.