Rencontres du Café des techniques

Conférence autour de l’installation «Paris flotte-t-il?»

6 juin 2019
18h30 - 20h

  • Paris Musée des arts et métiers

Dans l'amphithéâtre Abbé Grégoire du Cnam.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles, réservation en ligne.


Rencontre avec l'artiste Anaïs Tondeur et l'anthropologue Germain Meulemans autour de leur installation "Paris flotte-t-il ?" à découvrir dans la tour de la chapelle de l’ancienne église Saint-Martin-des-Champs du musée des Arts et Métiers jusqu'au 23 juin 2019.

À quelques mètres du pendule de Foucault, de l’eau transpire à travers le sol de la tour de la chapelle du musée des Arts et Métiers, sans que nul ne puisse en identifier l’origine. Certains évoquent la présence d’une source très ancienne, oubliée sous l’église, qui est, peut-être, à l’origine de l’édification d’un sanctuaire sur ce site. D’autres entretiennent la rumeur d’une véritable rivière souterraine filant sous le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), visible, selon eux, avant les travaux de rénovation du musée, par le regard de l’ancien réfectoire du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, désormais bibliothèque du Cnam.
Un soir, un sourcier se glisse dans l’ancienne église pour lever le mystère. Il suit les traces invisibles des fluides sous ses pieds, et longe les murs froids de l’église. Son pendule le conduit vers une petite porte de bois lourd. La poignée cède, il s’introduit dans la pièce dite « tour chapelle », vestige de l’ancien clocher de l’église prieurale, un espace calcaire, vide et froid. Le pendule s’agite à tout rompre et tournoie follement. C’est alors que le sol s’ouvre sous ses pieds et qu’un fontis l’engloutit.
Il semble aujourd’hui naturel de comprendre le sol urbain comme la base solide de la ville, mais force est de constater que cette perception ne va pas nécessairement de soi.
L’installation Paris flotte-t-il ? invite à un changement de perception, à questionner la solidité des sols et penser Paris comme une flotte de bateaux, ou une cité lacustre bâtie sur pilotis, émergeant de l’élément semi-liquide de ses sols. Cette conférence reviendra sur le processus d’enquête et de création, à l’intersection de l’art et de l’anthropologie, dans lequel s’ancre l’installation.  Elle exposera la démarche de terrain menée pendant plusieurs mois dans Paris et au sein du Musée même, auprès des hommes et des femmes, chercheurs, ouvrier, ingénieurs, ou techniciens, dont le travail quotidien est d’assurer que l’assise de la ville reste stable.
 

Anaïs Tondeur, artiste chercheuse, est diplômée du Central Saint Martins College of Art and Design et du Royal College of Arts (Londres). Sa pratique artistique se forme au point de rencontre entre les disciplines. Liant les sciences naturelles et l’anthropologie, la fabrication de mythes et les nouveaux médias, elle crée des récits spéculatifs par lesquels elle expérimente d’autres conditions d’être-au-monde. 

Germain Meulemans est postdoctorant en anthropologie au Centre Alexandre Koyré (EHESS/CNRS/MNHN). Il s’intéresse aux environnements anthropisés et aux implications épistémologiques et méthodologiques que leur étude amène en sciences naturelles et en sciences sociales. Ses recherches actuelles portent sur les sols urbains, un thème qui fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt nouveau dans les mondes de la science des sols et de l’aménagement urbain.