L’addiction aux drogues est une maladie complexe et multifactorielle pour laquelle il n’existe pas de modèles expérimentaux parfaits. Trois composantes majeures entrent en jeu : la génétique susceptible d’augmenter la vulnérabilité individuelle, les facteurs environnementaux liés à l’histoire de chacun, et l’effet du produit lui-même.
Si les modes d’action des drogues sont variables, toutes les substances psychoactives agissent sur les réseaux de neurones appelés faisceau du plaisir et de la récompense. Les avancées dans le domaine de la recherche cognitive mais aussi clinique permettent aujourd’hui de mieux comprendre la neuropathologie ainsi que les mécanismes moléculaires et neurobiologiques impliqués, ouvrant ainsi des perspectives de développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Le terme d’addiction, jusqu’à présent réservé aux substances psychotropes, tend de plus en plus à s’appliquer à de nouvelles formes de dépendance, liées à des comportements compulsifs, où certaines sources de plaisir deviennent l’objet d’un désir incontrôlable et aliénant. Ordinateurs, télévisions, tablettes… Les pratiques d’écrans croissent de façon spectaculaire et nous avons tous pu faire l’expérience de leur caractère envahissant et chronophage. Sommes-nous tous accros ? Plutôt que de porter l’attaque contre les contenus et les usages, il faut sans doute s’alarmer de la dépendance possible à l’égard de la « glisse » sur écrans et de l’ivresse qu’elle procure. Avec les jeunes de la génération Y, ces fameux natifs numériques nés avec une souris et un smartphone à la main, apparaissent de nouveaux profils psychologiques. Les transformations sociales sont telles que l’on peut les qualifier de rupture anthropologique. Allons-nous vers un nouveau genre… l’
Homo numericus ?
Avec
Florence Noble, directrice de recherche au CNRS, laboratoire neuropsychopharmacologie des addictions (Inserm/CNRS/université Paris-Descartes) et
Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS, centre d’étude des mouvements sociaux (EHESS/CNRS).
- Tout public
- Entrée libre, inscription conseillée
Cycle de conférences organisé en partenariat le
CNRS